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Impact écologique des matières mobilisées par l’économie
Si, en consommation apparente, la France consomme à peu près la même quantité de matières par habitant en 2008 qu’en 1990 (14 tonnes), il en va autrement lorsque l’on tient compte des flux cachés : là, on passe du quitte au double. Or la mobilisation de ces flux cachés a également des impacts importants sur l’environnement.
Selon une étude statistique publiée par le Commissariat général au développement durable(1), la consommation apparente de matières par habitant en France s’élève à 14 tonnes en 2008, soit à peu près le même niveau qu’en 1990. Les minéraux de construction (sables, graviers, pierres) comptent pour près de 50% (443 Mt pour 893 Mt au total) suivis par la biomasse : produits agricoles et sylvicoles (230 Mt, soit 25,7%) puis par les combustibles fossiles : charbon, pétrole, gaz (147 Mt, soit 16,4%). Viennent loin derrière le bois et ses dérivés (27 Mt), les minéraux industriels et produits non métalliques (21 Mt) et les minerais métalliques et produits à base de métal (20 Mt).
Toutes catégories confondues, 80% de la consommation intérieure de matières de la France sont issus de son territoire national avec toutefois de fortes disparités : la quasi-totalité des minéraux de construction utilisés sont extraits du territoire français et le pays est globalement excédentaire en produits agricoles. A l’inverse, la France dépend à près de 100% de ses importations pour les combustibles et pour les produits métalliques et à base de métal et à 77% de ses importations pour les minéraux industriels et produits non métalliques.
Qu’entend-on par flux cachés ?
Les flux cachés désignent les matières extraites mais non utilisées comme, entre autres, l’excavation de matière dans les activités extractives et de construction et l’érosion des sols liée à l’agriculture. Ils couvrent également les flux indirects associés aux importations et exportations mais qui ne franchissent pas les frontières avec les matériaux ou produits échangés, c’est à dire essentiellement les combustibles mais aussi les autres produits utilisés à l’étranger (importations) ou en France (exportations) lors de leur fabrication et de leur transport.
Comme pour les flux apparents, la mobilisation des flux cachés peut avoir des impacts considérables sur l’environnement : érosion des sols, atteinte aux habitats naturels et à la survie d’espèces endémiques, atteinte aux milieux aquatiques, dégradation des paysages. Il est donc fondamental d’en tenir compte de la même manière dans toutes les démarches de comptabilisation.
En bref
Pour chaque tonne de matières consommée ou incorporée dans un bien, une tonne supplémentaire en moyenne est déplacée ou utilisée sans être incorporée à ce bien. Cette tonne supplémentaire ne doit pas être oubliée dans les calculs visant à déterminer l’impact des produits sur l’environnement…
(1) « Matières premières mobilisées par l’économie de 1990 à 2008 », coll. Chiffres & Statistiques, n°207, avril 2011, CGDD – SoeS