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Biodiversité à la ville : un des enjeux majeurs de la « ville durable »

Le Comité 21 a publié en mars un nouvel ouvrage intitulé « Du quartier à la ville durable - vers un nouveau modèle urbain ? » (v. ci-dessous). Il en ressort qu’il ne peut exister de modèle unique de ville durable, la ville devant se construire en fonction du contexte urbain, géographique et historique tout en prenant en compte les dynamiques économiques et en essayant au mieux de placer l’homme au cœur de la ville. Pour un élu, s’engager dans une démarche de ville durable implique de s’appuyer sur une stratégie globale qui concerne à la fois l’aménagement urbain et l’ensemble des politiques de la collectivité. Cela implique aussi de mobiliser l’ensemble des acteurs : habitants, services publics, architectes, urbanistes, bio-climaticiens, énergéticiens, thermiciens, entreprises du bâtiment, associations, financeurs, etc.


Parmi les champs d’actions à privilégier figurent des enjeux qui concernent chacun de nous à notre niveau - maîtriser les consommations énergétiques, créer de nouvelles énergies, développer une autre mobilité, réduire/réutiliser les déchets,…- et d’autres enjeux qui, par eux-mêmes, se situent à une échelle différente - atteindre l’autosuffisance alimentaire, renforcer l’intégration sociale et générationnelle, responsabiliser l’économie et s’ouvrir au reste du monde.

Un enjeu fort concerne aussi bien le citoyen dans sa vie personnelle que l’ensemble de la société, c’est la nécessité de renforcer la nature en ville. Car redonner sa place à la nature en ville n’est pas qu’une simple question d’esthétique. Le végétal a des impacts positifs sur la santé (purification de l’air et de l’eau par l’élimination des poussières d’O3, de NOx ou de COV et le recours limité aux produits phytosanitaires). Il permet de lutter contre le changement climatique (régulation du climat local, lutte contre les îlots de chaleur,…). Par ailleurs, il a une fonction importante en matière sociale : du parc public favorisant la détente aux jardins partagés ou familiaux en passant par les fermes urbaines pédagogiques, les espaces verts permettent de (re)créer du lien social. Enfin l’enjeu de la biodiversité dans la ville a également une fonction importante en termes d’aménagement. Par exemple, stopper l’artificialisation des terres arables permet de contrer le mitage du territoire. Récupérer l’eau de pluie, créer des noues, des prairies d’orage ou des bassins de décantation à ciel ouvert s’inscrivent dans une politique soutenue de gestion des risques d’inondations.


Au final, aménager des voies vertes, faire entretenir les espaces verts avec des solutions alternatives aux phytosanitaires, favoriser une agriculture plus respectueuse de l’environnement, imposer aux promoteurs immobiliers un taux spécifique à réserver à la nature dans leurs projets…, tout cela constitue autant de leviers d’actions à la disposition des élus pour protéger la biodiversité et les ressources naturelles.


Du quartier à la ville durable - vers un nouveau modèle urbain ?

L’urbanisation n’est certes pas récente mais elle présente des caractéristiques nouvelles et une ampleur inégalée : consommation dispendieuse de foncier, mitage des paysages, dépendance de la voiture, rejets de GES, exclusions, etc. Pour réduire ces impacts négatifs, il importe de repenser la ville dans son ensemble sans se focaliser sur une seule activité. Mais quelles sont les priorités ? Comment concevoir les projets en alliant prospective, transversalité et vision globale ? Avec quels outils ? Comment répartir les responsabilités ?
Privilégiant l’opérationnel et le concret, l’ouvrage réalisé sous la direction d’Antoine Charlot entend apporter des réponses à toutes ces questions. Après un état des lieux sur la révolution urbaine (cf. hégémonie urbaine, montée de l’exclusion, consommation à outrance, « capitales du capital », désenchantement civique), il présente une nouvelle manière d’appréhender l’urbain avec quelques résultats encourageants mais aussi les limites, voire les contradictions rencontrées ici ou là. Puis la troisième partie (« la ville durable, une utopie concrète ») propose une définition de la ville durable et identifie les champs d’actions à privilégier.

www.comite21.org

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