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Quel financement public pour l’éco-innovation en France ?

Le groupe « Innovation » du Comité stratégique des éco-industries (COSEI) a rendu public fin juillet un bilan de l’aide publique à la recherche et à l’innovation allouée aux entreprises de l’environnement. L’étude a porté sur les dix-huit filières vertes identifiées par le CGDD et deux autres filières : hydrogène & pile à combustible et dépollution des sols(1). En voici les enseignements principaux.


Répartie à 85% entre quatre opérateurs principaux (ADEME, ANR, FUI, OSEO, v. encadré), l’aide publique à l’innovation dans les entreprises de l’environnement a connu un pic en 2009 : elle a atteint 397 M€ contre 272 M€ en 2008 et 274 M€ en 2010, du fait principalement de la mise en place du Fonds démonstrateur de recherche au départ piloté par l’ADEME puis intégré dans les investissements d’avenir (IA). Ce sont les entreprises qui ont le plus bénéficié de ces aides avec 252 M€ alloués contre 145 pour les organismes publics. Alors que, logiquement, l’ANR a surtout soutenu les organismes publics (à 72%), l’ADEME a beaucoup plus aidé les grandes entreprises (58%). A l’inverse, Oseo a surtout aidé les PME à travers les programmes AI (87,5%) et ISI (80%) dont le détail est précisé dans l’encadré « Budget ».

L’aval de la recherche nettement plus soutenu que l’amont
Le financement public porte essentiellement sur les étapes aval de l’innovation. Ainsi, sur les 397 M€ attribués en 2009, pas moins de 201 M€ (51%) concernent la recherche industrielle (cf. recherche à objectif, horizon de 5 à 10 ans, finalisation de la preuve du concept, transfert de technologies, innovation) et 146 M€ (37%) concernent le développement et la démonstration de technologie (cf. développement de l’application et validation des technologies en conditions d’usage réelles). Seuls 23 M€ (6%) ont porté sur la recherche fondamentale (cf. rupture, connaissances nouvelles, matières scientifiques) et 27 M€ (7%), sur la recherche en connaissances nouvelles (cf. acquisition de connaissances non liées à des objectifs industriels ou commerciaux).

Sur les vingt filières étudiées, huit concentrent les trois quarts des financements : véhicules décarbonés (83 M€) ; biocarburants (63 M€ dont 45 par l’ADEME) ; captage / stockage du CO2 (42 M€ dont 36 par l’ADEME) ; énergie solaire (34 M€ dont 16 par OSEO ISI) ; bâtiment à faible impact environnemental(2) (22 M€) ; déchets (22 M€ dont 9 par l’ADEME) ; chimie verte (19 M€) et procédés industriels (14 M€). Cinq autres filières arrivent juste derrière : biomasse énergie ainsi que hydrogène & pile à combustible (13 M€ chacune) ; eau et assainissement (12 M€) ; métrologie ainsi que biomasse matériaux (12 M€ chacune). Les filières stockage d’énergie et dépollution des sols ont quant à elles reçu 8 M€ chacune, l’éolien : 7 M€, les smart grids et la géothermie : 5 M€ chacune et enfin la logistique : 3 M€ et les énergies marines : 2 M€. Au total, près de la moitié des autorisations d’engagement (48%, soit 192 M€) concernent l’énergie, le quart porte sur l’environnement en général (24%, soit 96 M€). Le reste est constitué des transports et du bâtiment qui ont reçu respectivement 86 M€ et 22 M€, soit 22% et 6% du total alloué en 2009. Soulignons qu’il n’y a pas de corrélation entre le montant de l’aide à la R&D et le poids économique de la filière.

(1) Sont en revanche exclus le transport (aéronautique et maritime), le nucléaire, les ICT hors smart grids, l’éco-conception, le textile, l’agriculture et les IAA, la ville durable ainsi que les risques naturels et le changement climatique.
(2) Le concept Bafie couvre essentiellement l’isolation, la ventilation et la régulation.

Les aides génériques


Il existe deux types d’aides génériques :
• Le crédit impôt recherche, assis sur les dépenses de R&D des entreprises. En 2009, le CIR a bénéficié à 10 000 entreprises pour un montant total de 4,5 milliards d’euros.
• Le statut Jeune Entreprise Innovante, ouvert aux structures de moins de huit ans dont les dépenses de R&D représentent plus de 15% des charges. Les JEI sont exonérées de cotisations sociales patronales et bénéficient d’un allègement fiscal (exonération des bénéfices). Représentant un total de 140 M€ en 2008, le dispositif JEI a bénéficié à hauteur de 9 M€ à des entreprises de l’environnement.

Budget des principaux opérateurs


• ADEME, Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie : 50 M€ pour la R&D pour 2007-2010 hors Fonds démonstrateur de recherche (325 M€) fusionné en 2010 dans les investissements d’avenir (IA). En 2009, l’ADEME a aidé les grandes entreprises à 58%, les organismes publics à 30% et les PME à 12% pour la R&D.
• FUI, Fonds Unique Interministériel : 600 M€ pour 2009-2011 dont 495 pour les projets de R&D et 105 pour les plates-formes d’innovation. Le FUI finance les projets de R&D collaboratifs des pôles de compétitivité. En 2009, le FUI a soutenu les PME à 45% (dont 12% d’ETI), les organismes publics et écoles à 45% et les grandes entreprises à 10%.
• OSEO ISI : aide aux projets d’innovations stratégiques industrielles pour projets collaboratifs d’au moins trois structures (2 entreprises + 1 laboratoire), sous forme de subventions et/ou d’avances remboursables.
• OSEO AI : volet « filières industrielles et PME » des investissements d’avenir (soit 2,44 mrd sur les 35 mrd € prévus), sous forme de prêts aux PME et ETI (1 mrd €), de prêts verts bonifiés (500 M€), d’aide à la ré-industrialisation : avance remboursable à taux 0 sur 7 ans dont 2 de différé (200 M€, dont 55 déjà attribués à fin juillet pour 12 opérations), d’appels à projets des pôles de compétitivité (300 M€), de dispositifs de renforcement de la compétitivité des PME et des filières industrielles stratégiques (300 M€). OSEO a par ailleurs augmenté ses fonds propres pour renforcer sa capacité d’intervention au profit des entreprises (140 M€).
• FCE, Fonds de compétitivité des entreprises (ministère de l’Economie) : appels à projets Eco-industries pour soutenir des projets collaboratifs pilotes et de démonstration à fort potentiel économique et environnemental et des phases de démonstration pour des éco-technologies et des services innovants, avec des perspectives de mise sur le marché sur 2 à 5 ans (30 M€ pour 2009-2011). En 2009, les AAP Eco-industries ont bénéficié à hauteur de 53% à des PME, de 22% à des ETI, de 49% à de grandes entreprises et de 1% à des organismes publics.

* ETI : Etablissements de taille intermédiaire

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