Les pôles de compétitivité sont les mieux placés aujourd’hui pour soutenir les éco-industries et mener des actions d’accompagnement renforcées. C’est ce qui ressort d’un rapport remis fin janvier au ministre de l’Industrie mais récemment publié(1) et qui précise que, dans cette optique, les pôles doivent toutefois aller au-delà de leurs missions d’origine. Il leur faut notamment favoriser la stimulation de l’innovation, assister les entreprises dans la définition de leur stratégie et dans l’accès aux marchés, les accompagner dans leur recherche d’investisseurs et de mobilisation de financement, les aider à créer des sources de proximité de capitaux propres et aussi contribuer au développement de compétences adaptées.
Jusqu’à présent, les actions des pôles au profit des entreprises étaient principalement tournées vers la concrétisation de projets de recherche collaborative (ex. : labellisation de projets, montage de plates-formes techniques avec équipements, tests et prototypage,…). Même si elles se tournent aussi vers le soutien collectif des entreprises (cf. annuaires, mises en réseau, colloques,…), ces actions doivent désormais s’orienter vers un renforcement des entreprises. Ceci peut prendre des aspects différents selon le contexte : croisement de thématiques, rapprochement avec les donneurs d’ordres, soutien pour des applications nouvelles, aides plus individualisées, etc.
Selon H. Serveille et C. Trink, stimuler l’innovation dans un secteur aux frontières en pleine expansion impose de favoriser les fertilisations croisées à travers les échanges entre des pôles de différentes thématiques et par le développement des relations inter-pôles. Cela doit également passer par l’élaboration d’une cartographie partagée des technologies développées par les pôles des différentes filières vertes, par la mise en oeuvre de travaux de méthodes visant à produire des statistiques partagées et enfin par la promotion des effets de taille (et la visibilité à l’international) comme, par exemple, à travers l’élaboration de chartes de coordination entre pôles de thématiques proches (cf. : 4 pôles EnR, 3 pôles Eau, 13 pôles Ecotechs, 18 pôles Bâtiment durable).
Pour assister les entreprises dans la définition de leur stratégie et l’accès aux marchés, le rapport préconise de définir des programmes visant à renforcer les compétences des dirigeants des entreprises et d’assister celles-ci lorsqu’elles répondent aux appels d’offres en veillant, d’ailleurs, à ce que les termes de ces appels d’offres permettent à des PME et TPE d’être retenues. Ils recommande également de s’assurer que le cadre juridique en place permet aux décideurs de commande publique de recourir aux meilleures technologies disponibles mais aussi de faciliter la présentation des jeunes entreprises à de grands groupes pour favoriser les accords de financement, la réalisation de pilotes industriels ou encore le déploiement mondial des innovations apportées par l’entreprise.
Une autre recommandation est d’assister les entreprises dans la recherche de fonds propres et la mobilisation de financements. A cet égard, plusieurs actions peuvent être menées comme renforcer leur visibilité auprès des investisseurs (par exemple, via le label national « Entreprise Innovante des Pôles »), les aider à élaborer leur business plan, les orienter vers les dispositifs d’aides publiques les plus adéquats et les guichets appropriés, organiser des événements tournés vers les investisseurs ou encore favoriser le rapprochement d’entreprises d’une même filière sur le territoire du pôle. Pour favoriser la création de sources de proximité de capitaux propres, la création de réseaux d’investisseurs de proximité intéressés par la thématique du pôle et la mise en place de fonds de capital-risque dédiés à des thématiques communes sont également préconisées.
Dernier point mais non moins capital, développer les compétences adaptées nécessite d’engager une réflexion partagée sur les métiers des filières du pôle et sur leur évolution de manière à être en mesure d’envisager les formations requises. Cela peut aussi impliquer de favoriser les actions permettant de sauvegarder et de redéployer les compétences sur un bassin d’emplois (ex. : emplois verts, prêts de main d’œuvre,…).
(1) « Le développement des éco-industries en France à travers les missions confiées aux pôles de compétitivité », Hélène Serveille et Claude Trink (CGIET).